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Liferay DXP: l'éditeur amorce le virage technologique et marketing

Ou pourquoi Liferay s'est lancé dans une refonte ambitieuse

Liferay DXP a pointé le bout de son nez fin 2015 avec l'ambition de s'adapter aux nouvelles contraintes de ses clients, l'éditeur a alors choisi d'une part de changer son socle technologique en migrant vers une approche OSGI et d'autre part de revoir son discours commercial en faisant référence à une plateforme digitale au lieu d'un portail horizontal. Pourquoi ?

Le virage de la communication

D'abord d'un point de vue commercial, les budgets migrent doucement mais sûrement depuis les DSI vers les  métiers. Concrètement, alors qu'avant il fallait convaincre les collaborateurs de formation technique dont le DSI, il faut désormais convaincre le Directeur Marketing, Commercial ou autre car il pilote désormais directement son budget.

Fini les références à Java/JEE, scalabilité, industrialisation, convention de codage, respect des normes, open source, intégration avec les systèmes tiers ou alors on ne veut pas vendre car ces termes appartiennent au registre du charabia pour ces interlocuteurs que vous n'accrocherez pas plus de deux minutes.

A l'inverse, ces interlocuteurs attendent des termes qui leur parlent: expérience utilisateur, TTM (Time To Market), sécurité, RGPD (la nouvelle norme européenne sur la protection des données). Et puis ces mêmes interlocuteurs attendent de voir une solution opérationnelle, clé en main. Autant dire que d'un point de vue commercial, l'approche traditionnel a du plomb dans l'aile.

Liferay a senti venir le virage. D'une part, le produit change de nom: l’acronyme DXP (Digital Experience Platform) voit le jour et l'éditeur ambitionne désormais de rivaliser avec des produits différents comme Adobe Experience. L'année dernière, Gartner a supprimé son classement des portails horizontaux et a classé Liferay DXP dans son nouveau classement des plateformes digitales (https://www.liferay.com/fr/company/gartner/magic-quadrant-digital-experience-platforms) ce qui démontre que l'éditeur s'y était bien préparé.

Comme le changement de nom ne suffit pas, Liferay investit dans la mise à disposition de modules qui permettent d'adresser les besoins marketing exprimés par les nouveaux interlocuteurs. Ainsi, le module Audience Targeting est enrichi et continuera à être enrichi dans les versions ultérieures pour permettre in fine, très certainement, de gérer les campagnes marketing.

Le virage technologique

Le chantier technologique entreprit par Liferay est ambitieux et autant on peut estimer qu'il n'est pas justifié au regard des bénéfices fonctionnels (cela n'apporte pas grand chose pour les clients finaux) autant il s'inscrit dans la pure philosophie de l'éditeur dont les équipes sont constituées de nombreux geeks, ce qui constitue son ADN.

A la base de cette transformation, le problème lié aux applications monolithiques (ces fameux war dans le monde java) que les solutions micro-services proposent de contourner sans prendre le problème à la racine. La bascule vers une architecture OSGI oblige à revoir la façon dont on structure son code, dont on organise ses fonctionnalités mais permet en retour une modularité plus que bienvenue.

Fini les éventuels problèmes de classpath, fini les interruptions de service pendant un déploiement, on dispose maintenant d'un plateforme qui nous permet de personnaliser presque tout (les ext à la poubelle qu'ils méritent) et de configurer son portail pour ne conserver que ce qui est vraiment nécessaire. Les développeurs Liferay disposent désormais de d'avantages de mécanismes pour adapter proprement le produit aux besoins du client et ceci dans le respect des normes et des conventions (sans bidouille).

Et après ?

D'un point de vue opérationnel, ce virage technologique apportera de nombreuses facilités aux clients mais certains se plaindront des surcoûts liés à la migration (d'autant que Liferay a arrêté son support sur la 6.2). D'aucun reprocheront à l'éditeur dans sa version DXP 7.0 de ne pas apporter suffisamment de nouveautés par rapport à la version précédente et de n'avoir revu que son discours marketing sans travailler suffisamment le volet fonctionnel.

Mais de savoir qu'un éditeur est prêt à investir plus de 4 ans de R&D pour revoir le socle technologique de son produit est gage d'une part d'une certaine solidité financière, d'autre part que cet éditeur est fidèle à son ADN et qu'il fera toujours primer la qualité de son produit aux considérations financières. On regrettera bien sûr que le produit dans sa version actuelle n'embarque pas de nouvelles fonctionnalités mais encore une fois l'éditeur a avancé selon ses priorités: disposer d'abord de bonnes fondations. La version 7.1 approche à grand pas (juin ? juillet ?) et promet justement de satisfaire ceux qui voulaient de nouvelles fonctionnalités. A lire dans quelques semaines...

 

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